30 septembre 2008
chapitre 8 : fashion victim, enfin surtout victime
Avoir tous les jours sous le nez mon Bo Gosse me coupe l'appétit :résultat, j'ai fondu !
oui moi qui me gavait autrefois (bon ook y'a 2 semaines) d'hamburgers et autres éclairs au chocolat, je ne vis que pour les salades sans sauces.
Je n'ai plus rien à me mettre.
Je déclare donc l’état d’urgence et je fais appel à l’aide internationale ( Zara, Monoprix, Calvin Klein … une partie du G8 de la mode quoi !).
C’est décidé je ne peux plus venir au travail dans des vêtements trop grands, moches et démodés. Ce n’est plus moi : il faut que je me prenne en main. Je ne suis plus la fille que j’étais : j’ai perdu 4 kilos et je suis en train de tomber amoureuse.
Un coup de fil professionnel s’impose.
« Allo Appoline ? réunion de la plus haute importance , samedi au centre ville … les actions Galeries Lafayette vont augmenter.. je répète, les actions Galeries Lafayette vont augmenter. »
Samedi 11h30. Heure de ma transformation en icône glamour.
Bon si Appoline daigne se pointer à l'heure ce qui serait un doux miracle soit dit en passant. Si ça se trouve elle est passée devant moi sans même me reconnaître : 4 kilos en moins, ça change une femme ! Elle aurait reconnu ma vieille doudoune bleu ciel avec le col bordure esquimau (oui j'ai le dernier modèle taille 44, depuis ils n'en font plus au delà du 3 ans). Appoline saura révéler la nouvelle femme qui est en moi. Elle a toujours de très belles tenues, très classe et moderne. Elle n'est jamais vulgaire et pourtant super sexy. Elle est impeccablement maquillée (à croire qu'elle a une esthéticienne de chez yves rocher planquée dans son placard qui lui refait un teint zéro défaut chaque matin) et coiffée. Jamais un frisotti, jamais une couleur approximative de cheveux. Comment fait elle ? Moi j'ai beau me démener comme une folle pour ressembler à quelque chose je n'arrive jamais au résultat attendu. Tiens c'est comme la fois où j'ai voulu me faire ma couleur moi même. Bon sur le dessus de la tête aucun doute, j'avais fait une couleur, c'était flagrant, voir trop voyant (la teinte rouge flamboyant c'était pas pour moi) mais j'ai eu le malheur de m'attacher les cheveux en queue de cheval et là tout le monde a pu admirer ma couleur naturelle dessous. J'ai eu beau rattraper le truc en disant que c'est une nouvelle tendance chez les coloristes des grands salons de coiffure parisiens, je pense qu'il y en a qui m'appelle encore « Bicolore ».
« Oh non Appoline je comptais sur toi ! C'est aujourd'hui que je dois devenir la nouvelle MOI, Non ça ne peut pas attendre la semaine prochaine, je me sens prête maintenant. Je vais devoir faire ça toute seule. Bon tu crois que je peux y arriver ... Oui tu as raison les vendeuses sont là pour me conseiller ... »
Vous aurez compris l'ampleur du drame de la situation.
Me voilà livrée seule devant des dizaines de boutiques toutes plus branchées les unes que les autres, des coiffeurs n'attendant que de voir poindre le bout de mes pointes fourchues, et des parfumeries et autres centres d'ésthétiques prêts à m'embellir le regard.
Allez je me lance, après tout, j'ai une nouvelle silhouette , le reste va suivre non ?
Je franchis la porte du plus chic des grands magasins de ma ville.
Là je me sens de suite bourgesoise. Partout je ne vois que des marques du luxe : des sacs longchamps, du chemisier Burberry , du bijou cartier. Mon dieu que je me sens importante et riche (j'ai tout de même 15euros en ticket resto pour mon repas de ce midi). J'ai l'impression d'être une jeune comtesse britannique à l'heure du thé, ne sachant quelle porcelaine choisir pour son breuvage. Tout est beau. Enfin beau, je veux dire cher. J'avoue que je me demande comment se justifie certains prix car niveau couleur certains sacs me donnent la nausée. Mais bon les gens se retourneront sur moi avec un tel sac alors nausée ou pas, ça vaut son pesant de cacahuètes (en or).
Je m'approche du rayon les yeux brillants comme un enfant dans un magasin de jouets (en or). Oh je crois que j'ai trouvé LE sac idéal pour amorcer ce nouveau départ. Il est blanc (bon ok c'est salissant) avec des petits oiseaux prune et aubergine (quelle est la diffèrence entre ses 2 couleurs) et il sent bon le cuir (ça pue le cuir). Je crois qu'il m'attendait. Je soulève fébrilement l'étiquette. De toute façon peu importe le prix, il m'appartient déjà. J'ai croisé son regard et je ne pourrais plus vivre sans lui.
250 euros. Quoi ? Cette besace en skaî avec des piafs violets ?
C'est pas possible ? Il doit y avoir une erreur d'étiquettage. C'est le modèle valise qui doi valoir ce prix là, pas le petit sac que je tient d'une main qui ne pourrait contenir qu'une tout petit porte monnaie de barbie et un tampax.
09 septembre 2008
chapitre 7 : adieu solitude !
Je vous l’annonce ; c’est officiel : je ne suis plus seule !
Je sais vous vous dîtes : « attends, j’ai raté un chapitre ou quoi ? à tous les coups c’est quand je suis allée faire cuire les patates ou quand Romain a joué avec mon marque page … ».
Non, vous avez tout suivi, rien raté.
Non, Mon beau canon du boulot n’a pas eu de coup de foudre fulgurant pour moi en 3 jours (n’empêche que tout reste jouable sur ce terrain là, hein ?).
Non, plus simple que ça : j’ai adopté des poissons rouges !
Oh je vous jure, ça m’a procuré une réelle émotion : voir ces petites bêtes se débattre dans une poche plastique, à ma merci, fondant tous leurs espoirs de survie sur moi … Je me suis sentie un peu comme le client peut se sentir face à une guichetière : toute puissante.
En plus d’apporter une certaine touche de déco design à mon salon (j’ai choisi un bocal en forme de verre de cognac : tout un symbole), je dois dire que de les savoir près de moi, tournant en rond, le regard vide, à m’attendre tous les soirs, pour avoir leur ration de bouffe : j’ai l’impression d’être mariée ! ni plus ni moins.
J’en ai acheté deux : je me suis dit qu’il y avait un appel à l’amour là dedans. Puis voir un couple ne jamais s’engueuler en vivant 24h/24 ensemble dans un périmètre très restreint (même si, soit dit en passant, leur aquarium équivaut à un loft pour deux spécimens de leur espèce), ça redonne du baume au cœur.
Puis si je n’ai pas envie d’aller manger avec quelqu'un, j’aurais toujours l’excuse du nettoyage d’aquarium ou de la déprime du poisson rouge qu’il ne faut pas laisser tout seul, surtout un dimanche midi où le pourcentage de suicide est le plus élevé chez cette race (ils n’y verront que du feu, non ?).
chapitre 6 : mes passions
C’est à partir de ce moment là que je ne me suis plus autorisée à vivre de passion, excepté 2 : le chocolat et les crèmes amincissantes.
(L’un n’excluant pas l’autre, même si on nous laisse croire le contraire).
C’est mon grand dada : me tartiner de crème anti-cellulite en imaginant les composants chimiques dévorant la graisse comme autant de petits PACMAN à la quête de PACGOMME avant l’arrivée des fantômes (désolée pour les gens n’ayant pas connus les années 80). Puis courir (c’est du sport, non ?) jusqu’au placard magique, qui renferme ma collection de plaques de chocolats. Je crois, sans me vanter, avoir essayer tous les parfums de ces 6 dernières années. Seule déception : pas le temps de devenir des millésimes, quelques minutes suffisent à leur agonie.
Bon, bien sûr, pour le « avant-après » avec le mètre de couturière autour de la cuisse, afin de me prouver l’efficacité de la crème tueuse de capitons, on repassera.
Mais bon, en dégustant les carrés de chocolat fourré pâte d’amande, je m’imagine super bien dans le maillot de bain argenté que j’ai vu sur Eva Longoria la semaine dernière dans « voici ». Tiens d’ailleurs si elle s’appelle Eva ce n’est peut être pas une coïncidence. Nous devons certainement avoir une certaine ressemblance. Je pencherais pour la forte pilosité, mais elle, elle triche avec une épilation toujours parfaite. Alors que moi, j’assume mon côté « planète des singes ».
04 septembre 2008
chapitre 5 : les ex !
Du haut de mes 26 ans, j’avais déjà connu quelques specimens de la gente masculine. Pourtant j’avais commencé tard mon approche.
J’avais à mon palmarès un assez vaste choix de cas pathologiques.
Mon premier petit ami était un grand gaillard tout en bras, en jambe et en os, la poussée de croissance à son apogée ; la casquette rebelle (traduisez : mise à l’envers), le jogging aux trois bandes (traduisez : de marque) et le parfum ennivrant (traduisez : pas cher et fort). Il savait charmer et causer d’amour tout en chantant du rap et fumant un joint. Un vrai de vrai.
Physiquement je dois dire qu’il m’attirait beaucoup, mais intellectuellement nos conversations se limitaient aux horaires des séances de cinéma et au titre de la chanson qui passait à la radio, ponctuées d’un « ouaich ».
De temps en temps nous arrivions à passer des soirées presque sympas (quand je testais le mélange alcool et tabac pour la première fois et lui vomis dessus : enfin lui ne l’a peut-être pas vu de cette façon).
Déjà à l’époque j’osais penser qu’il fallait que je donne une chance à notre amour (« bon écoute, si tu sors avec une autre fille, je peux passer l’éponge… »). J’ai donc rompu 3 fois en 2 ans, laissant passer 6 mois entre temps, tout en croyant, à chaque fois que je le re-voyais qu’il avait sûrement changé et mûri.
Je connus ensuite le premier vrai grand amour de ma vie : celui digne des grands clips d’Elsa et glenn medeiros ; les grandes déclarations sur le parking, les cartes postales dédicacées à mon amour que je kiffe grave, les regards pleins d’admirations : sauf que …nous ne nous aimions jamais en même temps.
Quand il eût le coup de foudre pour moi, je ne le connaissais même pas. Quand je tombais amoureuse de lui, il coucha pour la première fois avec une fille tout en m’aimant. Quand il quitta la fille pour moi, sachant que je l’aimais, je ne savais plus où j’en étais. Quand il repartit avec la fille qui lui faisait du chantage au suicide, je sus que je l’aimais. Quand il revint vers moi, libre et amoureux, j’étais également amoureuse … mais d’un autre.
Bref ce chassé croisé amoureux m’apprit beaucoup de choses : la patience, la constance, et la mécanique automobile. Il aimait les voitures. Il avait quasiment inventé le tunning avant l’heure, et compensait ses lacunes en orthographe par la connaissance d’un moteur à essence. Fier comme un pape quand il hérita de la vieille mercedes de son père, (moi je l’aimais bien sa VISA bordeaux rouillée), je compris que nous n’avions rien en commun excepté l’envie d’être aimé.
Forte de cette expérience je céda ensuite au charme d’un garçon avec lequel nous nous étions juré amitié (comme dirait parker lewis : note pour plus tard : ne plus jamais jouer à la « meilleure amie »). Il a suffi de 2 ballades sur la plage et d’un feu d’artifice du 14 juillet pour me ruiner le cœur. Il me paraissait d’une maturité à toute épreuve, d’une fragilité rassurante et d’un avenir brillant pour 2. Mais ce fût sans compter sur son planning overbooké de futur jeune diplomé et sur les SMS freudiens (« JE t’M donc JE te KIT »). Bref il balaya d’un coup notre belle et longue histoire d’amour (1 mois de virées à Lacanau Plage, merde, ça se finit pas comme ça !)
Entre temps, j’ai aussi eu des aventures de passages très constructives : l’homo refoulé (« j’adooooooooore ton mascara ! ça te va super bien ! attends tu crois que je pourrais essayer ? »), le lycéen trop fier de sortir avec une fille qui va à la FAC (« whoua je comprends rien de ce qu’il y a écrit sur tes cours ! viens je vais te montrer à mes potes ! »), le pari d’un soir (« une pizza chez marco si j’arrive à sortir avec lui »), le tatoué aux cheveux longs (« euh, dans la boite de nuit tu avais l’air moins .. enfin plus …t’es trop rock n roll pour moi je crois. Embrasse Aerosmisth de ma part »), le trentenaire qui refuse de grandir ou vieillir (« ouais je vais refaire une thèse après ma maitrise, je veux pas chercher du boulot à 30 ans … j’ai encore besoin de réfléchir tu vois. Puis en vivant chez ma mère, elle me repasse mon linge, c’est cool »).
Je leur aurais bien mis des notes dans un carnet mais il aurait fallu que j’assume de ne donner la moyenne à aucun d’entre eux et cela signifierait que je ne sois sortie qu’avec des tocards et ça je ne peux pas y croire.



