07 juillet 2008
"J'vais faire les courses, j'en ai pas pour longtemps !"
J'ouvre la porte du frigo pour prendre un yaourt.
Pas de yaourt ... sur quoi vais je me rabattre ?
Visiblement il n'y a que mon écho qui me répond.
La sentence tombe : le frigo est vide , il va falloir aller faire les courses !
Boh après tout c'est le moment idéal pour commencer un régime et ne rien manger aujourd'hui ? !
Ouais bon je me connais je vais pas tenir longtemps à ce jeu : surtout que rien que le fait de savoir qu'il n'ya rien à manger me donne faim ! C'est psycholgique (enfin + psycho que logique)
Bon soyons organisée telle la femme moderne et zen que nous sommes.
Où est ma liste de courses ?
Mais si j'en avais commencé une en même temps que Petite chérie de mon coeur faisait de la peinture à l'eau (ah beh oui j'aperçois le mot jambon en filigrane sous son oeuvre d'art)
C'est pas grave (je ne vais pas m'énerver devant sa créativité naturelle) je recommence.
Après 20 minutes d'efforts cérébaux, d'ouvertures de placards, fermetures de placard, et de calculs caloriques ( manger 5 fruits et légumes par jour, multipliez par le coefficient de petite puce qui n'aime pas les courgettes, les haricots verts et les bananes, additionnez à mon homme qui n'aime pas les choux fleurs, poivrons et pêches : ça nous donne brocolis tous les jours ...sauf que moi j'aime pas les brocolis !!)
Allez en route : les rayons des supermarchés m'inspirent toujours, je sais que je ne reviendrais pas le chariot vide même si ma liste ne tient pas la route.
A peine une roue sur le parking que déjà le stress monte .. pas une place de libre.
Je fais 15 fois le tour du parking, manquant plusieurs fois au choix d'emboutir une mamie au volant ou une ménagère de moins de 50 ans poussant son caddie en inspectant son ticket de caisse (mais oui on te les a pas fait payé les poches surgelés puisque tu as pris des surgelés !!!) et finis par me décider à me garer à l'autre bout, l'opposé, 15 km de l'entrée la plus proche.
Bon au moins je suis garée.
En spéléologie dans mon immense sac à main, je cherche le Tout petit jeton de caddie.
Mais celui ci se cache toujours. On dirait que son but dans la vie c'est de nous faire suer.
Eh eh je t'ai eu, te voilà et hop ! Aaaaaaaaargh ! Ouch ! Putain c'est coincé ! Personne ne me regarde ? Bon j'y vais avec les pieds et les bras ! Ah ! Victoire : caddie contre Me myself and I : zéro 1.
En général à cet instant précis je regrette toujours de ne pas avoir une trousse à outils sur moi afin de réparer La roue qui se bloque ou se barre en biais ou va dans une direction opposée aux autres.
Je dois alors ruser de stratégie pour atteindre l'endroit où je veux aller ; je dois me fixer régulièrement de nouveaux points de chutes car je ne peux évaluer que de petites distances.
Parfois le chariot m'emmene dans des directions contre ma volonté.
Bref me voilà enfin dans le magasin : temple de la consommation, palais des plaisirs alimentaires, château des tentations.
Je ne dois pas me détourner de mon objectif qui est de remplir le frigo et non pas mon armoire, ou la chambre de ma fille. (enfin du moins pas avant d'avoir acheter le minimum vital ...)
Je commence à piocher dans les rayons et jeter dans le chariot.
Je suis stoppée net quand je surprend une conversation rayon boites de conserves
« mouais il semblerait que certains industriels ne rechignent pas à mettre des ajouts tels que celui ci ..; c'est une honte et dire que certains parents donnent ça à leurs enfants »
Ah non moi je ne serais pas une mère honteuse.
Je démarre donc une étude approfondie de chaque étiquette.
Ligne par ligne, je scrute la moindre information qui ferait de moi une empoissonneuse.
Pfff ! Mais pourquoi je me prends la tête : de toute façon on a mangé au mc do hier soir, alors le mal est déjà fait. Et puis si je dois manger Bio va falloir que je gagne au loto vu les prix.
Là un rayon m'appelle : « bibi, bibi ... viens par là, je n'attends que toi » (oui le rayon des thés et tisanes vous l'aurez deviné ... chacune à son petit péché mignon )
J'ai 14 000 sortes de thés et infusions en tout genre à la maison mais comme si les Lipton et autres Twinnings me connaissaient trop bien (comment ça je suis une cible parfaite et ils savent très bien comment je réagis à chaque passage en caisse ?? pfff ! Moi qui pensait être une femme mystèrieuse ..) ils m'inventent chaque mois de nouveaux « parfums ». Mon dieu celui là je ne l'ai pas !!!! (telle la dernière image panini autocollante qui manque pour que l'album des « crados » soit complet ... ah les années 80)
Bien sur je ne l'ai pas .. sous entendu : il me le faut !!!!!!!!!!! (oui à ce moment précis ma survie dépend uniquement de cette boite de 25 sachets de thé saveur « soir d'orient » : un voyage à marrakkech pour seulement 2,15 euros : c'est une affaire non ?)
Après une élimination rapide de tous les mauvais arguments qui pourraient me dissuader d'acheter MON thé ( argument numéro 1 : ..... non j'vois pas !), je penche du côté osbcur de la force : la consommation.
Je suis tellement heureuse d'acheter des trucs qui NE sont PAS sur ma liste .. c'est fou ... la prochaine fois je ne ferais pas de liste, comme ça, même acheter une tranche de jambon deviendra un bonheur suprême.
Me vlà à la caisse.
Je l'ai choisi consciencieusement : un papi avec 2 paquets de café contre 2 mères de famille à caddies bondés, franchement y'a pas photo, je vote pour le vioc.
Alors que je commence à déposer mes petites emplettes sur le tapis roulant, je comprends que bizarrement je ne vais pas être de suite , de suite la prochaine cliente.
Mister Papi nous la joue expert en café , tout jeune retraité de chez Carte Noire, ayant fait poussé des champs de caféier en colombie (hum il a du confondre quelques plantations vu sa tronche), et commence à faire un cours sur l'art de choisir son café moulu à la pauvre caissière stagiaire qui a déjà du mal à se concentrer sur son 2e code barre de la journée.
Je fais mine de regarder ma montre pour montrer mon impatience (ouais je sais j'abuse, mais vous noterez que je n'ai pas encore pousser de gros soupirs en soufflant « ppppfffffffffff » ...)
Jacques Vabre Senior ne se démonte pas et passe à la seconde étape : payer en pièces de 2 et 5 centimes. La main tremblante il en profite pour renverser son porte monnaie .
Le vicieux ! Je me retrouve à 4 pattes sur le carrelage immonde (« le bout de salade il était à vous aussi ? ») à lui ramasser ses euros. En même temps si je veux qu'il s'active, il vaut mieux que je prenne les choses en main. Je vois la fin du calvaire se rapprocher (et mes 2 mères de famille et leurs caddies archi pleins de la caisse d'à coté déjà s'éloigner en direction du parking ) quand il semble secouer par une illumination (son pace maker s'est remis en route ?). Là il retrouve la fougue de ses 20 ans et me bouscule en passant par dessus mon caddie en fusburry : « je reviens tout de suite, j'ai oublié le sucre ! »
Je me surprends à souhaiter une bonne canicule (oui même en février, tout est possible avec le réchauffement climatique). Je ne vais pas faire la ménagère aigrie qui gueule comme une poissonière que les retraités ont toute la semaine toutes les heures du jour pour faire leurs courses : mais que non, ils choisissent entre midi et 2, ou le mercredi après midi ou pire le samedi ! Non je ne le dirais pas (je me contenterais de le penser fortement et de regarder mes surgelés se liquifier de seconde en seconde)
Le revoilà le sourire jusqu'aux oreilles : « pardon, pardon, pardon .. » beh oui derrière moi il y a maintenant une file d'attente de 30 personnes qui menacent de le lincher avec leurs boites de conserves.
« Vous avez la carte de fidèlité du magasin ? » lui demande la stagiaire toute fièrotte d'avoir retenu la phrase fétiche de la parfaite petite caissière.
« ah non ? C'est quoi exactement ? »
« euh ... ne bougez pas je vais me renseigner ... »
« oui sandrine c'est jessica à la caisse y'a un monsieur qui veut la carte de fidèlité, tu peux venir lui expliquer ? ... ouais non ça va, y'a pas trop d'monde, les gens sont sympas, ils attendent. »
Je me retiens de l'étrangler avec le fil entortillé du téléphone.
Je suis zen : c'est le moment de faire appel à mes connaissances en méditation et yoga pour controler toutes mes énergies négatives.
Tiens je m'ouvre une plaquette de chocolat, ça va me calmer.
Quoi ? C'était quoi ce regard ? La mignonette caissière me dévisage comme si je venais de voler une voiture sous ses yeux : elle est profondemment choquée.
Je me sens obligée de préciser : « je vais la payer hein vous inquiètez pas »
Manquerait plus qu'elle appelle la sécurité, ça va pas nous aider cette affaire.
Finalement Vieux Débris se décide à partir avec ses 2 paquets de café et son paquet de sucre sous le bras, sifflotant et souriant.
C'est enfin MON tour ! Ah ah ! Victoire !
Bien sur j'ai 2 articles sur 3 qui ne passent pas au bon prix, et la pauvrette doit appeler une supèrieur pour faire les manip' d'annulation.
Me revoilà de retour sur le parking en lutte avec mon chariot pour atteindre la voiture qu'évidemment je ne retrouve plus !
Où ai je bien pu me garer ? Ah oui j'étais à coté d'une Kangoo ... j'aurais du me douter que le conducteur de la Kangoo mettrait beaucoup moins longtemps que moi pour faire ses courses ...
Nous sommes en 2008, il est temps que je passe aux cyber courses sur internet au lieu de m'en servir uniquement pour écrire des conneries dans un blog !
25 juin 2008
nos amis les agents immobiliers
« Bonjour Madame Bouly » il me serre la main manquant de m'écraser 3 phalanges et me décoche un sourire blancheur extrème. Je rêve ou il m'a fait un clin d'oeil. Je confirme, puisqu'il fait la même chose à mon mari. Il nous la joue grand pôte de toujours. Vous l'avez reconnu c'est lui même en personne : l'agent immobilier dans toute sa splendeur.
« Ecoutez j'ai trouvé un bien qui vient juste de rentrer à la vente, tiens ce matin même (oui ça coute rien de nous faire croire qu'il a bossé ce matin), il correspond PAR-FAI-TE-MENT à la description de la maison que vous souhaitez acquérir »
Ca sent un peu la phrase récitée à tout le monde mais il a l'air convaincu.
Dire que nos copains nous ont dit que le marché de l'immo se cassait la gueule, qu'oil n'y avait rien de potable à la vente ... Ah ah je me marre ! Ils ne sont pas tombés sur SuperCoco roi des agents immobiliers, voilà tout.
Le notre il va tout déchirer. Costume gris, chemise blanche, petite pointe de gel dans les cheveux, carte de visite en guise de pochette prêt à dégainer le portable. Bon ok on dirait qu'il a 16 ans et qu'il se la pête un peu.
« Allez allons visiter cette magnifique demeure » nous lance t-il avec malice les yeux pétillants comme un Lambrusco, comme s'il allait nous montrer le château de Versailles en mieux.
« Attention Monsieur et Madame Bouly, le produit que je vous rpésente là est une exclusivité (il se retient de rajouter « mondiale » j'en suis sure), une avant-première(whoua ! Nous sommes les VIP de l'immobilier ! Je me sens trop privilégiée j'adoooooooooore !) Il va falloir vous décider très vite . »
Oui je veux bien mais bon, on a pas encore vu l'ombre du portail alors on va peut-être pouvoir réfléchir encore un peu avant de signer non ?
Devant le grillage il stoppe net, nous prenant pour témoin :
« Vous remarquerez que le quartier est idéal. Très calme (oui c'est d'ailleurs limite suspect pour un samedi après midi), école à proximité (ah c'est une école le bâtiment fissuré qui menace de s'effondrer ???), vous avez un arrêt de bus à cinq minutes (oui sauf que cette ligne ne dessert que le village voisin et que les horaires sont 5h45 ET 21h15 .. pas trop compatible avec mon planning ..) »
Il nous fait pénétrer dans ce qu'il appelle « un charmant jardinet ».
Là j'ai beau chercher, je ne vois pas la pelouse.. Ah si ! Là, sous la chaise, juste là, j'ai aperçu du chien dent.
« Grande terrasse ombragée, très agréable pour les barbecues entre amis, n'est ce pas madame ? Je sens que vous vous imaginez déjà l'emplacement du salon de jardin ... »(euh pas vraiment .. parce que son 1 mètre carré de béton crade avec un espèce de mur de paraping qui cache le moindre petit rayon de soleil qui s'aventurerait vers la maison, ça ne m'inspire pas des masses ...je me contente de lui dire que nous n'avons pas de salon de jardin et pas d'amis .. ça va peut-être le calmer un peu le minet; il devient limite familier le petit escroc)
« Je ne vous fais pas languir plus longtemps, veniez découvrir votre petit nid douillet » dit il en tournant la clef dans la porte d'entrée qui grince de douleur.
Je manque de m'évanouir rien qu'en posant le pied sur le seuil.
Tout est sombre, sale, défréchi .. à croire que c'est le patrimoine d'un héritage direct de la famille Addams.
Le papier peint jauni à fleurs se décolle de partout. Le sol en mosaïque orange et bleu canard est fendu sous une couche de graisse impossible à faire par des êtres humains normaux.
« Hum Hum je sens que Madame est emballée .. »(ouais comme un cadeau de Noël ...)
« euh on peut voir la salle de bains ? » lance mon mari, dégouté d'avoir raté la retransmission d'un match de tennis pour visiter ce taudis infame.
« En fait je viens de m'apercevoir que c'est plutôt une salle d'eau .. mais bien aménagée je suis sur que vous pouvez ajouter une grand ebaignoire balnéo ... »
Je savais pas qu'il bossait aussi chez Leroy Merlin à ses heures perdues.
Je fonde tous mes espoirs sur cette pièce .. J'aurais mieux fait d'aller à Lourdes.
Une moquette murale verte recouvre toutes les cloisons mais également , ça c'est le petit plus de cette salle d'eau-salle de bain-usine à pénicilline, sur le plafond !
Le lavabo (vert, bien sur, attention pas de faute de goût, Valérie Damidot n'a qu'à bien se tenir) est encastré directement au dessus du bac de douche ( une douche-lavabo : un concept révolutionnaire ! Je n'avais encore jamais vu ça !). Le bac de douche est vert également. (Ah non ça c'est la moisissure ! Aaaaaaaaargh !)
Va falloir qu'il m'explique où il veut que je la mette ma baignoire ???
J'ai même pas de quoi à poser un rouge à lèvres dans cette horrible piaule.
Je me gratte partout, je suis sure que je vais me choper une mycose des bras ou un truc dans le genre.
Puis ça pue c'est une infection ! Ah beh y'a pas de fenêtres faut pas rêver.
J'essaie de le faire plier avec une question subsidiaire :
« y'a quand même beaucoup d'humidté par ici, non ? »
« oh vous trouvez ? (y'a des nénuphars qui poussent autour des robinets Ducon !!) enfin c'est normal, dans une salle de bain, y'a toujours un peu d'humidité. On se lave avec de l'eau après tout ... » et le voilà pas qui se marre tout seul tel un Bouvard aux Grosses Têtes.
J'hallucine. Ce mec a réponse à tout.
Même quand il me montre la cuisine (enfin je présume car j'ai aperçu un évier dans un recoin) avec un sublime comptoir de bar (hauteur standard chez les 7 nains visiblement) recouvert de skaï rouge bordeaux (oh la je crois que j'ai la nausée) donnant de manière très conviviale, directement sur le ... garage !! l'apothéose ! La queue du Mickey !
« alors elle est pas belle cette maison ? En plus elle est pile dans votre budget .. Bon hors frais d'agence bien entendu ... Alors on va signer ? »
Au moment où il me pose sa question qui tuent les morts réssucités, je sens un cafard me passer entre les pieds.
« aaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhh !! (cri d'abomination de la femme aux proies des pattes d'un insecte vaguement identifié) Moi vivante (et même morte) je n'habiterais JAMAIS (never !!!) ici. Même pour 1 euro je n'en veux pas cette grange à cochons !! »
« vraiment ? » il me regarde les yeux écarquillés, il a l'air véritablement surpris. Il se fout de moi, il le fait exprès ce con, c'est pas possible autrement.
« c'est pas du tout ce qu'on recherche : c'est vieux, c'est moche, c'est ... satanique !!!!! » (c'est le seul mot qui m'est venu à l'esprit à ce moment là)
« mais voyons avec votre petite fille c'est la maison idéal, elle va pouvoir grandir dans une jolie maison à la campagne ! »
J'ai les larmes aux yeux rien qu'en imaginant ma fille vivre une seconde dans cette vision d'horreur : ma p'tite Cosette ! C'est trop horrible !)
« ah mais vous savez dans la conjoncture actuelle, c'est ce qui se fait de mieux ... Enfin par rapport à votre budget, il va falloir revoir vos exigences à la baisse .. »
Maintenant il me regarde avec un air hautain, dédaigneux, comme si j'étais en train de faire la manche.
« Puatin je m'endette sur 25 ans j'ai quand même le droit d'exiger que ma maison ressemble à .... une MAISON, MER-DEUH ! »(oui il semblerait que je commence à m'énerver)
« Bon écoutez si c'est qu'une affaire de décoration faut pas vous en faire une montagne. Un peu de peinture par ci, un peu de parquet par là et bim, ce sera quasiment un loft contemporain. »
Il a les yeux qui font des cercles : il essaie de m'hypnotiser ce gros naze. Au secours !
« Mais même à coups de massue, cette bicoque ne ressemblera jamais à MA MAISON !! »
A cet instant précis j'ai haussé le ton, et pourtant, je ne m'entends plus parler.
Un train vient de passer, l'église a sonné l'heure et le voisin agriculteur a mis en route son tracteur.
Quartier calme qu'il avait dit.
Je sens tous mes chakras se refermaient un à un.
Je n'ai qu'une envie : ligoter ce soit disant agent immobilier à ce qui ressemble à un cmpteur éléctrique et l'obliger à passer une nuit dans cette maison qui je suis certaine doit être hantée (j'ai cru entendre Beetlejuice dans le grenier).
« bon je comprends .. (ah enfin .... il se décide à avouer qu'il nous refourgue une daube) vous n'avez pas le coup d'coeur, ça ne s'explique pas.. on va pas s'facher pour ça ..(il me parle de coup d'coeur je lui parle d'envie de vomir sur ses pompes cirées quand je vois cette baraque)
d'ailleurs je viens de reprenser à un produit que j'ai rentré hier matin qui pourrait tout à fait correspondre à vos critères ... »
(dessin de Penelope Jolicoeur)
SPECIALE DEDICACE A CANDICE ;-)
17 juin 2008
le vélo d'appartement
C‘est décidé je dois me mettre au régime, je dois muscler mes cuisses, mes fesses !
L'été se pointe. J’ai 1 mois pour me sculpter un corps de mannequin suédoise.
J’investis donc sans tarder dans un vélo d’appartement haute technologie donnant à la seconde les calories dépensées .à chaque tour de pédale je peux voir ainsi mon amaigrissement à vue d’œil ,palpable et réel.
Le soir même je teste mon nouvel appareil, mon meilleur ami pour les prochaines semaines, le partenaire qui va me permettre de séduire super canon lorsque je serais en maillot sexy dans le bain bouillant ou enveloppé de boue fumante.
Il est beau.
Il est stable.
Allez en selle.
Je commence doucement (faut pas que je me fasse un claquage dès le premier entrainement)
Bah c’est facile finalement . presque agréable .
Je regarde la tapisserie tout en pédalant. Ouais ce coté là a jauni dis donc . et là ça se décolle un peu . bon ça fait combien de temps : quoi 3 min seulement …pff .. bon allez au bout de quelques minutes je ne sentirais même plus que je pédale et mon corps sera en mode automatique . le sport va devenir ma drogue, je ne pourrais plus m’en passer et mon corps va se muscler sans que plus jamais aucune partie ne connaisse la mollesse.
Un petit coup d’œil par la fenêtre : oh que c’est beau le vent qui fait se balancer les feuilles de cet … arbre . tiens faudra que je me renseigne quelle est l’espèce de cet arbre quand même. Peut être est ce un chêne ou alors un … pff ! on s’en fout ! j’ai mal aux cuisses ça doit faire au moins une heure que je contemple ces maudites branches !
5 min …je ne peux pas y croire. Le compteur est truqué. Je dis non à l’arnaque . Je vais appeler julien courbet sur le champs, on m’a vendu un vélo non-conforme et défaillant ! C’est pas possible autrement ; je ne vois pas d’autres explications rationnelles.
oh lala ! qu’est ce que c’est long quand on pédale seule sur un vélo d’appart ..
allez je vais me mettre de la musique . quel morceau ? un truc entrainant histoire que je sois motivée par le tempo.
Un peu de disco ; un bon vieux Boney M ça ferait pédaler n’importe qui non ?
Daddy daddy coooooooool !!
Ouais et en plus je chante en même temps ; très bon pour le cardio !
Whoua ! la chanson est finie : donc ça fait …7 min que je pédale, (presque) non stop !
Et je suis … exténuée …
Essouflée, suante et pas du tout motivée …… je croyais que ce serait marrant moi ce foutu vélo d’appart !
Pourquoi est ce qu’ils en font toute une histoire au télé shopping et les nanas qui sont dessus toutes séduisantes et fermes qui sourient comme une pub pour email diamant ! publicité mensongère !
J’ai chaud, mal aux cuisses et cela fait seulement 7 min que j’y suis ! pfffffffff !
Bon allez je regarde les calories, les minutes ça ne veut rien dire … 50 calories … boh c’est pas mal non ? je ne sais pas exactement à quoi ça correspond mais ça me semble un bon chiffre ??? je sens que mes cuisses sont déjà resculptées . je suis même sure d’avoir perdu quelques centimètres ;..
Allez je m’accorde un carré de chocolat …je regarde l’emballage : 95 kcal !!!!!! sans commentaires
09 juin 2008
J'AI Touché l'fond d'la piscine dans mon ptit pull marine ...
Le dimanche suivant, la miss boudi-bouda est de meilleure humeur.
Le sac n'avait pas été défait (on a eu une bonne intuition sur ce coup là)
La sortie piscine s'annonce très positive.
Sur le parking de la piscine municipale, Petite Puce est super excitée.
« On va nager ! On va nager ! Nananananère ! »
Ouais c'est ça « on » va nager ...
Après être passées à la caisse, nous voilà dans le vestiaire. Avec un minuscule panier où tout doit rentrer : sac,manteaux, chaussures ...et j'en passe et des doudous.
Mais à peine a-ton suspendu un débardeur dessus que le maudit panier penche dangereusement et tombe.
Là le casse-tête commence : on se surprend à tirer la langue tellement on s'applique à équilibrer la tour de Pise de la fringue.
« Ca y est ! J'suis en mailoooooooooot » nous crie la Petite Sirène toute bondissante sur le carrelage glacé.
Forcément, elle nous a balancé chaque vêtement aux quatre coins du vestiaire, comme pour délimiter son territoire.
Notre maillot est enfilée également. Mais on ne peut pas sortir comme ça; il nous manque la touche du chef, l'accessoire qui va sublimer notre panoplie de Laure Manaudou : le bonnet de bain.
On écarte bien fermement des deux mains le bout de caoutchouc invincible qui semble ne vouloir jamais rentrer sur notre tête. On ose à peine se redresser pour regarder notre reflet dans le miroir (sale et embué) ...
Ouais ... c'est bien ce qu'on pensait : on ressemble à un gland. On pourrait presque jouer le rôle d'un spermatozoîde dans un ballet de danse contemporaine.
Nous voilà enfin en tenue de combat.
On remet notre panier archi plein à une vieille femme à lunettes, aimable comme une caissière de chez Leclerc à l'heure de la fermeture.
« Vous oubliez votre bracelet » nous grogne t-elle.
Euh non, il semblerait que notre petit bracelet plaqué or de chez Pop bijoux ne nous ai pas quitté.
« Ah! Ca ??? » et elle nous tend un bout de plastique rouge pompier (mais il en existe des jaunes fluo) super discret, super large, super pas facile à attacher, avec un numéro à 5 chiffres inscrit en gros caractères noirs. Pendant un instant, on se croirait dans « Prison Break », condamnée à perpétuité à porter « ça ».
On passe bien 10 minutes à essayer de comprendre comment faire tenir le dit bracelet à notre poignet. Puis on se rend compte que c'est tellement moche qu'il vaut mieux le mettre à la cheville (compter 10 minutes supplémentaires)
On va enfin pouvoir se baigner... Ah mais d'abord la douche ! Le super jet bien froid, impitoyable, sous lequel on jette à peine un orteil, mais qui nous glace jusqu'aux os. Pas facile de se diriger vers le grand bain avec les tétons qui pointent à mort.
Chérinette semble tout à coup moins enjouée. Il faut dire qu'elle s'aperçoit très vite que la piscine n'est pas que pour elle (« c'est qui ces gens maman ? On se baigne dans la même eau qu'eux ??beurk ! ») et qu'elle n'est pas au format Barbie (« c'est trop grand ! Je vais me noyer !! »)
« Allez on descend ensemble sur l'échelle » notre voix se veut rassurante mais ferme.
« Tu me tiens hein ? » (la confiance règne ! Est ce qu'on l'a déjà lâché une seule fois ??? Bon ok ça a du arriver une fois)
« Mais oui je te tiens ....OH PUTAIN QU'ELLE EST FROIDE ! !!! »
« quoi ??? c'est froid ? »
« non non (aglaglagla .. tiens c'est pas un glaçon qu'on vient de croiser ?) elle est super bonne, regarde ! » (les dents qui claquent, les lèvres violettes : on ment super bien )
La gamine descend enfin l'échelle : on a l'impression de regarder une scène de film au ralenti, voire presque en arrêt sur image. Elle met deux plombes la garce. On s'endort presque à la voir faire ses mouvements ultra lents et c'est le moment parfait qu'elle choisit pour .. nous bondir dessus.
Sympa ! On sent bien le chlore dans les yeux maintenant : y'a pas de doutes!
« Fais moi nager ! »
Nos bras portent alors pendant un nombre incalculable de longueurs un asticot gesticulant et gloussant : « Maman !!! t'as vu ?? je nage !! ..me lâche pas hein ? »
Pourtant c'est pas l'envie qui nous manque : notre petite chérie nous a éclaboussé autant que cela était possible : on a désormais les yeux aussi rouge qu'un lapin albinos (bah ça s'accorde avec le « bracelet » du panier ! oh merde ! Le bracelet ! Il coule, coule, coule ... manque juste la BO de Titanic en fond sonore pour traduire notre émotion)
Au passage on a pris des coups de pieds dans les jambes, le ventre et le visage (le bleu ira très bien avec le rouge de mes yeux)
Là notre regard (injecté de sang et digne des plus grands films d'horreur) s'arrête sur une sublime jeune femme. La trentaine épanouie (traduisez : sans enfants), elle arbore un sobre et néanmoins sexy maillot 2 pièces, laissant apparaître un ventre odieusement plat sculpté de petits abdos harmonieux. Elle a la peau légèrement hâlé (genre « j'y peux rien, je bronze naturellement ! »), le bras musclé (« non je fais même pas de sport pourtant »),l'épaule ronde.
Le bonnet lui va parfaitement. Son visage est doux, ses yeux du même bleu que l'eau de la piscine. Pour clore notre jalousie (beh oui un peu quand même), elle éxécute un plongeon majestueux qui laisse l'eau statique. C'est le « blond » du sketch de Gad elmaleh en version féminine.
Ecoeurée devant les injustices de la nature, on annonce une sortie prochaine du bassin à notre Muriel Hermine Junior.
« On revient la semaine prochaine, dis maman ? »
"euh .... j'peux pas ... j'ai ... BOBSLEIGH !!"
05 juin 2008
"POURQUOI ON VA JAMAIS A LA PISCINE NOUS ?"
Un dimanche matin, petite chérie de notre coeur arrive toute gentillette et nous questionne : « Pourquoi on va JAMAIS à la piscine NOUS ? »(dans le genre « on est des pauvres ou quoi, dis maman ? »)
« Mais si, on va à la piscine (bon ok la petite a 4 ans et on y est allé 2 fois)
tu veux y aller là, maintenant ? » (on la joue provoc, la mère jeune pleine de folie capable de tout plaquer sur un coup de tête juste pour aller faire un plouf dans l'eau chlorée de la piscine municipale)
« Oui je veux y aller »
Bon on s'est fait avoir, cette gamine est plus maligne que nous.
On se démonte pas, après tout, on peut très bien aller à la piscine (ça paraît un peu dingue quand même .. mais bon ne sommes nous pas une femme pleine de surprises ?)
« Ok tu finis ton puzzle et pendant ce temps je me prépare » on dit ça comme si ça allait prendre 2 secondes chrono et au fond de nous on sait pertinemment qu'on a 3 millions de trucs à penser.
Number One : le sac de piscine !
Quel sac on prend ?
Il faut qu'il soit étanche, assez grand mais pas trop. Oh celui là on s'en est jamais servi c'est un cadeau d'Yves Galet. Bon en même temps il a pas l'air super pratique. Pfff ! Ça ira pour cette fois.
Une serviette de plage : alors pas trop petite sinon elle sèche rien, pas trop grande sinon le sac est plein rien qu'avec la serviette, pas trop moche pour pas avoir la honte, pas trop belle au cas où on nous la pique puis avec le chlore les couleurs vont passer ... je prends celle avec les papillons ; c'est sobre, ça passe partout ... Oui c'est un bon choix les papillons ...
Le maillot de la petite : alors le bleu c'est tout vu ... à moins qu'il ne lui aille plus depuis l'été dernier ... mince ! C'est pas le moment de lui faire faire un essayage ...je lui prends le rose, il est très bien le rose ...
La miss passe une tête : « c'est lequel mon maillot à moi ? »
« beh le rose »
« hein ? Quoi ? Le rose ????????? mais ça fait trop bébé ! Moi je veux celui de Dora, le orange ! »
sauf qu'elle a oublié que celui de Dora, le orange, comme elle dit si bien, c'est du 2 ans et il ne lui va plus depuis ... 2 ans.
« beh non ce sera le rose »
« pfff ! Il est nul ! »
« tu t'en fous, dans l'eau on le voit pas ! Allez file finir ton puzzle , je suis presqueuh prêteuh » (faut la jouer challenge sinon on va y passer la nuit)
Bon et nous on prend quoi comme maillot ?
On enlève toutes les options 2 pièces vu que notre dernière grossesse nous a laissé le souvenir magnifique et irrémédiable de splendides vergetures violettes un peu partout sur le bide (qui au passage est toujours un peu flasque) : on prend le maillot de compèt' : le noir ! Le seul l'unique qui nous fait paraître presqu'aussi svelte que Laure Manaudou et nous donne un air sportive mais chic.
Sauf que ce petit bijou de lycra exige un maillot bien échancré.
Allez ça prend 5 minutes, on sort la cire et on attaque les poils sauvages qui s'échappent du sentier.
« hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhaaaaaaaaaaaa »
« mamaaaaaaaaaaaan, qu'est ce qu'il y a ? pourquoi tu pleures ? Pourquoi tu cries ? »
« c'est rien chérie, je ... je ....(on essuie les larmes qui coulent), je me prépare ... » Haine contre nos mères qui ne nous ont pas fait épilé au laser dès la naissance.
Voilà ce sera parfait pour le maillot noir ... mais il va pas du tout avec la serviette aux papillons ... dilemme ... on ne sera pas accordée à la sortie du petit bain ... ça nous plait moyen cette idée d'être complètement dépareillée .. mais l'heure tourne.
Bon faut pas qu'on oublie les bonnets de bain, parce que sinon on va encore se faire refouler à l'entrée de la pistoche (ah beh voilà ...en fait on y est allé qu'une seule fois à la piscine : la deuxième fois on a pas pu rentrer car on avait pas nos bonnets)
On ajoute le peigne, la crème, les élastiques, le porte monnaie, on est prêts.
« dis maman, je peux emmener ma bouée de Bob l'éponge ? »
« non »
« allez maman ! S'te plait ! »
« non »
« mais pourquoi euh ? »
« parce queuh »
« ... »
« quoi ? Tu boudes c'est ça ? »
« ... »
« Bon allez on y va ... je t'attends. »
« Non je veux pas y aller ... »
On hésite entre la lancer contre le mur et donner une nuance rouge sang à la déco de notre entrée ou l'étrangler avec la lie du sac de piscine, version noeud coulant.
« dépêche toi ! On part maintenant ou pas du tout. »
Ce sera pas du tout : la demoiselle boudera tout le dimanche.
02 juin 2008
"Ce soir, maman sort !"
17h35 : abandon de ma fille à sa mamie !!!
17h36 : snif ! elle me manque déjà ...
17h37 : je me remonte le moral avec un carré de chocolat..euh 2 ..allez 3 c'est mon dernier mot jean pierre !
17h38 : et manger du chocolat dans un bon bain avec un shampooing herbal essence que même à la pub la nana elle en fait des bruits de fou !!
17h40: bain qui coule , ça me donne envie de pisser !
17h42: je suis dans mon bain ...et si je jouais avec le petit arrosoir de ma fille ? 18h : "mais qui a coulé mon porte avion ??? pchhhhhit, praf ! " oups les jeux des gamins c'est fou ce que ça occupe
18h15 : je deviens moite, la peau de vieille sur les mains et doigts de pieds ..plus de mousse .. bon allez je sors ...
18h20 : purée vite faut que je me dépèche j'ai la cop's qui vient me chercher pour aller en chercher une autre pour aller au resto
18h30 : la copine sonne : j'ai encore la serviette sur la tête façon turban indou , mais tout va bien !
18h40 : en route !! on papote ..enfin on essaie car le bruit du moteur de sa vieille voiture couvre nos voix ...
19h : on arrive chez la 3e larronne
19h02 : "oui pauline, on fait un resto juste pour être entre nous , pas d'orgies de bouffe ..on sait, t'es au régime"
19h03 : "oh les filles, et pizzeria ?? ça vous dit ????????"
19h04:" beh tu prendras une salade ...et un fromage blanc ... et on te fera gouter nos pizzas 12 fromages, huile, sauce, re-fromage ..."
19h15:" oh purée, la voiture elle démarre plus !!!!" vu le bruit du moteur ça nous pend au nez depuis des mois
19h16: "mais si t'enlève le frein à main ..allez, en route !!"
19h40: " oui une table pour 3 !! ...celle là , derrière le poteau ? euh non ... là , à coté des chiottes, euh ... non plus ...on peut pas avoir celle là qui donne pile en face de la grande baie vitrée pour pouvoir critiquer toutes les pouffes qui passent ??? MERciiiiii!"
19h50 : "alors qu'est ce qu'on prend ???????? ..vous prenez une entrée vous ??? ...non t'as raison pauline c'est pas raisonnable ..ouais QUE pizzas ok !"
19h55 : "quoi popo (surnom de pauline) ?? tu prends le menu ??? ça veut dire que t'envisages le dessert alors après ???"
20h: on commence être dans l'ambiance : mojito !!!!!!!!!
20h15 : la bouche pleine de nos pizzas (light !!!!) on débinne sur notre bonne vieille entreprise ...puis elles me demandent des nouvelles de ma fille ..et là, j'ai 2 secondes d'un regard tendre et pleins d'amour et je leur dis "ah elle est trop mignonne si vous saviez ...bon, on le commande ce supplément frites ??????"
21h30: "purée je me ferais bien les profiteroles moi quand même ?? oh beh quoi ? c'est pas tous les jours hein ? puis si on doit jamais se faire plaisir ça sert à quoi de se priver tout le temps ???? ..oui, donc ce sera 1 profiterole, 1 banana split et toi popo ? ..les 2? ok ..c'est noté ?"
22h30 : « hein ah pardon monsieur, on rit trop fort, désolée »
22h35 : "oh olivia ... arrête popo vient de se pisser dessus ! je t'ai déjà dit de ne plus nous raconter tes rendez-vous clientèles !.. tu attires les débiles profonds "
23h :" comment ça ? ah vous fermez ?? mais il est encore VACHEMENT tôt monsieur !!! oh vous, vous allez mettre la clé sous la porte avec des horaires com ça , foi de banquière
23h15 :retour casa ...
01 juin 2008
"T'AS TES REGLES OU QUOI ?"
Mercredi soir, on rentre crevée du boulot.
On s'est tapé une heure d'embouteillage, le dernier dossier à boucler a merdé, mais à part ça, tout va bien.
On a qu'une envie : s'avachir sur le canapé devant « Joséphine ange gardien » en grignotant des gâteaux apéros (allez, avouez !)
Mais bon, faut pas rêver.
On franchit le seuil de la porte avec un infime espoir : ce soir ça va être zen, hein ?
Effectivement, il semblerait que la zen attitude est contaminée un seul individu : l'Homme.
Lui, il est serein, décontracté, cool ... enfoncé dans le fauteuil du salon, il fait ses mots croisés.
« Salut, ça va chérie ? Oh moi je suis crevé. Je ne peux plus rien faire. »
Déjà il annonce la couleur.
« Par contre, j'ai une de ces dalles !! » et il replonge dans ses grilles illico.
Ok, on a compris le message.
En gentille femme bien docile, on se dit que c'est notre devoir de « nourrir l'homme » et de gérer la maison. (Merci à toutes les femmes de notre famille d'avoir fait peser le poids de cette tradition qui remonte au temps des cavernes, sur nos épaules de femme moderne) et on entend encore résonner la voix de la grand-mère qui nous dit « de toute façon pour garder un homme, y'a pas de secret, il faut lui faire de bonnes choses à manger . »
Ouais beh ce soir, il bouffera des pâtes le coco.
Bien sur on culpabilise car les enfants en ont déjà mangé une fois cette semaine.
On part mettre l'eau à bouillir, tout en lançant une machine à 30 degrés et en rangeant les affaires de sport du grand.
La petite dernière vient nous réclamer un câlin : on la prend dans nos bras tout en retournant les steaks hachés et en allant vérifier les devoirs du premier. On répare également le bras d'une poupée, tout en pliant 24 culottes petit bateau.
Et c'est au moment où, vidant le lave vaisselle d'une main, faisant couler le bain des enfants d'une autre, et vérifiant le stock de yaourts, que le mâle s'approche.
« Ah beh je vois que tu t'en sors très bien. T'as besoin d'aide? » (Notez que la dernière partie de la phrase se produit dans le meilleur des cas, soyons honnêtes, car la plupart du temps il repart s'asseoir aussi sec pour feuilleter le programme télé)
« Mets la table ça m'aidera ! »
Bizarrement on répond d'un ton sec (on se demande bien pourquoi) et ça ne plait pas à monsieur.
« Tu pourrais être un peu plus aimable quand même » (manquerait plus que ça !)
Sur cette altercation, on passe à table.
Notre estomac prend finalement le dessus sur notre rancoeur et on affiche presque un sourire (j'ai dit « presque », faut pas pousser non plus)
Mais c'est sans compter sur chéri pour nous sortir sur un ton glorieux : « au fait, t'as vu, je T'ai sorti la poubelle .. »
(comme si la poubelle nous appartenait et qu'il nous avait fait une faveur énormissime digne des plus grosses négociations commerciales entre l'import-export international)
Là c'est le ponpon ! Impossible d'intèrioriser une seconde de plus, déjà on s'estime heureuse de s'être retenue de lui envoyer notre verre d'eau à la tronche, mais on ne peut réprimander un :« PAUV' TYPE ! »
« Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ENCORE ? » l'animal semble ne pas comprendre.
« Tu veux que je te fasse un dessin, Monsieur De la glandouille Du J'en-fous-pas-une ? »
« Oh la ! Ca va pas de gueuler comme ça ? T'as tes règles ou quoi ? »
A cet instant précis, on se dit qu'on aurait dû virer lesbienne, la vie serait plus simple.
« Dis maman, c'est quoi les règles ? » nous interroge une petite voix, la bouche pleine de pâtes.
« Demande à ton père, il doit bien avoir cette définition dans ses mots croisés .. hein, chéri ? »
SIFFLER EN TRAVAILLANT QU'ELLE DISAIT : POV CONNE CETTE BLANCHE NEIGE !! ON A PAS IDEE DE RENTRER DANS LA BARAQUE DE SEPT BONHOMMES ET DE LEUR FAIRE LE MENAGE A FOND !! NON MAIS OH BLANCHE NEIGE !! J'AURAIS FAIT COMME LA SORCIERE : "CROQUE LA POMME, BOUFFONNE !!!"
Je dédicace ce petit récit à Vivire pour son soutien inconditionnel, à Nya qui s'est mariée ce week end et à qui je souhaite que son homme fasse un effort ;-) et à toutes les femmes qui luttent avec leurs hommes ;-)
30 mai 2008
Sensuali-thé, volup-Thé, sereni-thé
Il y a de ça encore quelques années, je ne savais pas respecter ce moment. Je jettais vulgairement un sachet de thé bon marché dans une eau à peine tiède.
Le contenant n'avait guère plus d'importance, une anse cassée ou un bol félé, peu importe.
Je buvais ni plus ni moins une eau vaguement aromatisée, sans plaisir particulier.
Ca me désalterait tout au plus; l'utilité première était surtout que je me sente moins isolée à l'heure où chacun se déléctait du café, dont je ne supporte encore aujourd'hui qu'à peine l'odeur.
Puis premier appart, et dans un vide-grenier, je déniche ma première bouilloire. Elle était vert pomme et allait changer ma vision du monde (rien que ça)
J'ai découvert le bonheur de l'eau qui frémit sous contrôle, avec ce bruit à la fois inquiètant et impatient, la vapeur qui s'échappe par grands brouillards au moment où tout se calme et que la machine s'arrête.
A partir de là, je suis devenue plus exigeante sur le récipient. Exit la tasse ébréchée, je prenais goût à la belle vaisselle.
Le must reste les mugs : ni trop grand, ni trop petit, avec sous-tasse si possible.
Des couleurs pastels, des imprimés fleuris, des dessins abstraits, des paysages exotiques, un bonhomme sympatique, un papillon féérique.
Ca dépend de l'humeur du jour mais ce n'est jamais « la première qui tombe sous la main ». Le choix fait partie du rituel, je désigne le « winner » du tête à tête, après mûre réflexion.
Longtemps j'ai fait le tour des diffèrents parfums vendus dans leur bout de mousseline. Toutes les marques, toutes les saveurs : thé vert, citron, vanille, mûre, fruits des bois, infusion camomille, verveine, cannelle ...sans oublier l'Earl Grey.
Mais très vite, je sentais bien qu'il manquait quelque chose, que tout ceci ne me transportait pas là où j'avais envie d'aller.
J'ai alors découvert le « vrai » thé.
Le thé en feuilles qui se hume au dessus des grosses boites en métal, celui qui s'achète en vrac, au 100 grammes.
Les mélanges mystèrieux que l'on va chercher dans de toutes petites boutiques qui font l'angle de toutes petites rues.
Là je me sens comme une enfant dans un magasin de jouets. Je lis avec envie toutes les étiquettes qui décrivent des noms propices aux voyages : « thé de Russie », « matin à Katmandou », « mélange oriental », « thé du dimanche », « cerisiers en fleurs » ...
Bien sur, cette nouvelle habitude m'a obligé à acheter une théière digne de ces breuvages.
Ainsi le « tea time » est complet.
L'eau bouillante versée sur les feuilles immobiles avec précaution, voire même avec une certaine émotion lorsque j' apprivoise un nouveau parfum, je savoure de tous mes sens.
L'oreille perçoit l'écoulement du nectar limpide qui se colore lentement.
Le nez se fait chatouiller par les effluves fruitées et puissantes.
Les yeux pétillent sous le spectacle des brindilles qui se gorgent d'eau pour libérer leur secret. Les mains et la bouche n'en peuvent plus d'attendre et imaginent déjà le plaisir de cette douce chaleur qui va se diffuser dans tous les pores de la peau.
Finalement dans ces moments intimes et précieux, le thé n'est que l'accessoire qui me permet à chaque fois de voyager dans un monde où tous mes rêves sont permis ...
Je me demande bien pourquoi certains me surnomment MARY POPPINS ;-)
28 mai 2008
METS PLUS FOOOOOOOOOORT !!!!!
La radio chantonne. En voiture le trajet semble long et monotone.
Cela fait déjà une heure qu'on roule et le paysage est toujours le même : une forêt, une boulangerie, une mairie, un panneau 50km, un champ de blé, une pharmacie ...
Puis d'un coup, comme la sonnerie qui annonce la récréation, on reconnaît 3 notes qui se suivent. Trois notes qui nous mettent en transe, qui réveille notre cerveau, nous réchauffe le coeur et nous amène dans un monde plein de souvenirs.
« Mets plus fort !!! J'adooooooooooore cette chanson !! »
Le conducteur n'est alors plus le maitre à bord de son véhicule.
Désormais on devient le Dj du trajet, le chanteur fou de l'autoroute.
On crie les aigus beaucoup trop aigus, on marmonne les graves et on secoue la tête pour marquer le tempo. Nos cheveux n'en peuvent plus de s'emméler dans les airs. Les mains moulinent (pour peu que ce soit du Cloclo, on devient clodette). On tape sur le tableau de bord (« eh oh elle se calme la percussionniste ?? »). Les jambes se sentent prisonnières alors la voix s'élève encore d'un cran pour franchir le mur du son (« arreteuh, tous les chiens du quartier vont nous courir après en croyant que tu communiques avec eux par ultrason !! »)
« Tais toi, tu me gaches ma chanson !! Puis d'abord tu dis n'importe quoi je chante pas si mal ! D'ailleurs si j'étais plus jeune je crois que j'aurais toutes mes chances à la Star Ac' ... » pendant un instant on s'y voit même prenant les cours de danse avec Kamel Ouali, réussissant un portée digne de « Dirty Dancing », Patrick Swayze jetant à notre homme « on laisse pas Bébé dans un coin ! » non mais oh !)
Y'a a pas à dire on assure. Céline Dion peut se rhabiller, c'est nous la plus belle voix du siècle (que dis-je, de toute époque confondue).
La fin approche. On prolonge les notes comme si on faisait une audition devant le jury de la Nouvelle Star, on y met les vibes, les manières et le jeu de scène de Beyoncé, tout ça rien qu'avec le haut du corps.
Mais seul le chauffeur, levant les yeux au ciel, supporte notre prestation musicale. (« c'est pas bientôt fini ta daube ? »)
« toi et moaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ... »
Ah que c'était bon ce petit moment de folie !
Surtout pour les trois voitures qui nous ont doublé et ont vu une hystèrique jouer de la batterie virtuelle tout en hurlant dans un micro invisible ...
23 mai 2008
"J'EN AI POUR CINQ MINUTES ..."
Samedi soir, restaurant japonais, avec un couple d'amis.
On passe une bonne soirée, le repas touche à sa fin.
On commande les desserts.
Puis là, la nature nous rappelle à l'ordre. C'est quasiment toujours JUSTE avant la fin du repas. On pourrait attendre d'être rentrée chez soi, ou alors carrément s'en occuper dès qu'on met le pied dans le resto.
Mais non, c'est là, maintenant, qu'on veut aller ... aux toilettes.
On attend quand même quelques secondes, histoire d'être sûre qu'on a VRAIMENT envie. Pas de doute, le pipi s'impatiente.
On appréhende d'aller découvrir le lieu de la délivrance.
Parfois on a de bonnes surprises (« Oh c'est mignon ce carrelage muliticolore ? ») d'autres fois c'est moins glamour(« aaaaaaaaah, c'est immonde, y'a de la merde partout, ça pue, c'est une infection ! Plutôt me pisser dessus que de faire ici ! ») Bref pour ce soir on espère juste un « middle class », ça serait déjà pas mal.
« euh je reviens, je vais faire pipi, j'en ai pour 5 minutes... » marmonne t-on.
Mais c'est sans compter sur un instinct féminin qui remonte au temps des tribus, que l'autre fille de la table se lève d'un geste solidaire :"bouge pas, je viens avec toi. »
Oui c'est comme ça, on ne sait pas pourquoi mais il faut qu'on aille faire pipi à deux.
« Si la porte ferme pas, je te la tiendrais » (ah beh c'est peut être pour ça qu'on y va à deux)
Oh ça va, pas si mal ces petits WC. Ils ont l'avantage d'être propre et en bonus track, on y trouve même du papier toilette qui ne traine pas par terre.
On ferme le petit verrou tout rouillé (ouais ils sont pas mal mais c'est pas les chiottes du Ritz non plus) et on se retrouve en tête à tête avec la cuvette.
Enfin on est pas vraiment seule, car on garde un contact radio avec la copine qui elle, est dans le box d'à côté. (« Oh tu sais quoi ? Dans le mien y'a un distributeur de capotes ! Hihi »)
On commence alors à étendre minutieusement des feuilles de papier sur la lunette, comme si on bordait un lit pour la reine d'angleterre.
Bizarrement une fois la lunette recouverte, on hésite quand même à s'asseoir ... Bon allez faut vivre dangereusement. La femme d'Indiana Jones elle fait comment ?
Là on toussote pour cacher le bruit de ruisseau du pipi du soir.
« dis, t'as vu comme le serveur il regardait ton mari ? Tu crois pas qu'il est homo ? »
Ouais en général on a le chic pour partir dans des conversations débiles, qui n'ont rien à voir avec le schmilblik mais qui ont l'avantage de nous occuper quelques minutes. On en profite pour décrypter les messages qu'on laissait les occupants précédents au fil des mois et des années : visiblement y'en a qui pense à amener leur panoplie de crayons de couleur avec eux.
On tire la chasse en essayant de limiter au maximum le contact avec nos doigts, et là on ne peut s'empêcher d'admirer, pendant le temps qu'il faut, la cascade d'eau évacuant nos p'tites affaires.
C'est plus fort que nous, il faut qu'on soit sure que tout soit parti. Beh ouais sinon c'est la honte. Tout le resto va s'avoir qu'on a laché une petite crotte en plus du pipi bruyant.
On rejoint la copine qui est déjà devant le lavabo.
« Y'a plus de savon ... Oh il est sympa ton vernis.... et blablablablabla »
Là une inconnue sort d'un des WC, accompagnée d'un bruit de chasse d'eau et jette un objet non identifié dans la poubelle qui jouxte le lavabo.
Elle s'en va, inexpressive et surtout ...sans se laver les mains (beuk!)
On s'essuie les mains avec une des fameuses feuilles de papier ultra rèche qu'on dirait une nappe en papier et on le jette juste par dessus le précédent déchet. Là le regard de la copine et le notre se croisent ... Mais c'est un test de grossesse !
La dame aux mains sales est peut être une future maman.
« non c'est pas possible, elle avait pas l'air heureuse. »
« beh elle avait pas l'air malheureuse non plus »
« Ouais mais bon on sait pas, si ça se trouve elle ne sait pas qui est le père. »
Telles 2 scénaristes des « feux de l'amour », on extrapole, on batit des intrigues, où tout est possible pour la dame aux mains sales.
« Bon y'a pas à tortiller du cul pour chier droit, il faut qu'on sache. Attrape le test ! »
« quoi ? Mais pourquoi moi ? Attend je te rappelle que c'est un truc où il faut faire pipi dessus ! Moi j'y touche pas ! »
« Rho regarde ! c'est pas sorcier comme dirait Jamie. Tu prends un bout de PQ, et puis voilà »
On brandit le test et là on voit le fameux +.
« wwwwwooooooouaaaaaaaaaaaaahh ! Elle est ENCEINTE !! oh c'est génial ! Elle va avoir un petit bébé » Cette nana qui n'est rien pour nous c'est désormais notre meilleure amie, l'émotion est la même. Nous sommes toutes des femmes, donc toutes unies par un lien invisible.
« tu crois que ce sera une fille ou un garçon ? Non parce que moi j'ai trouvé qu'elle avait un gros cul et il paraît que pour les garçons on prend du cul alors ... »
« mais elle est enceinte de pas beaucoup, elle vient juste de faire un test ! »
« ouais beh regarde sheryfa luna, elle était enceinte de 6 mois et elle le savait pas .... blablabla »
Tout en papotant on se décide à rejoindre notre table.
Alors qu'on approche de nos chaises, on croise le regard de la dame aux mains sales et on ne peut s'empêcher de lui adresser un petit sourire niais et complice.
Au moment de se rasseoir, on découvre nos hommes s'empiffrant de nos desserts, la bouche pleine de chocolat: « Beh vous en avez mis du temps pour un ptit pipi !!! »




















